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La Vie Spirituelle, 10e année, 120,
Tome XX, n°6, Septembre 1929. Pour compléter la doctrine que nous avons exposée sur l'union à Dieu et les purifications qui y disposent, nous voudrions parler de ce qui est comme l'âme même du sacrifice de la messe et de la manière dont il convient de s'y unir, à l'exemple de Marie, par une oblation personnelle. Les controverses récentes sur l'essence du sacrifice de nos autels ont mis de plus en plus en relief certains points fondamentaux d'où dérive une grande lumière. Le sacrifice en général est l'oblation d'une chose sensible qu'un prêtre fait à Dieu, par une certaine destruction ou immolation, qui consacre à Dieu cette chose, la consume en son honneur, pour reconnaître son souverain domaine et notre parfaite soumission. Ainsi, dans les différents peuples, de tout temps, on a offert à Dieu de l'encens, les fruits de la terre, le pain et le vin, et les animaux les plus purs. Le sacrifice le plus parfait dans lequel toute la victime est consumée en l'honneur de Dieu porte le nom d'holocauste; c'est l'expression sensible la plus parfaite de l'adoration, de l'action de grâces pour les bienfaits reçus, de la supplication pour les grâces à obtenir et de la réparation du coeur contrit, conscient de la gravité des fautes commises, secrètes ou publiques, et implorant le pardon. On voit par là que l'âme du saint sacrifice, c'est l'oblation intérieure du prêtre, à laquelle le peuple tout entier doit s'unir. Sans elle il n'y a que le côté extérieur de cet acte, une immolation extérieure qui perd toute signification et qui n'est que le cadavre du sacrifice, comme le fut le sacrifice de Caïn. L'immolation extérieure d'un animal, requise comme réalité, ut res, pour se nourrir de celui-ci, n'est requise dans le sacrifice, même sanglant, que ut signum externum, comme signe d'une oblation, d'une adoration, d'une contrition intérieures, sans lesquelles elle n'a plus aucun sens, ni aucune valeur. - Ceci est à la fois élémentaire et capital. On n'y pense généralement pas assez, lorsqu'on cherche en quoi consiste l'essence du sacrifice de la Messe. Il n'est pas inutile de rappeler qu'il est absolument à l'antipode du sacrifice de Caïn; d'insolubles difficultés viennent parfois de l'oubli des vérités les plus élémentaires. Par ailleurs la simple oblation intérieure, ne suffit pas à constituer le sacrifice proprement dit; car celui-ci est un acte de religion non seulement intérieur, mais extérieur et même public. Il faut donc nécessairement un signe extérieur qui est comme le corps, le côté matériel du sacrifice, ce que le langage est à la pensée et au vouloir. Dans l'Ancien Testament les sacrifices offerts n'étaient qu'une figure du grand sacrifice à venir, qui devait être offert par Notre-Seigneur. Cette figure avait d'autant plus de valeur que l'oblation intérieure était inspirée par une plus grande foi et un plus grand amour de Dieu; certains jours ce fut une foi et un amour absolument héroïques, comme lorsque Abraham se prépara à immoler son fils Isaac, qui était pourtant le fils des promesses, et lorsque l'enfant, figure du Christ, se laissa lier avec la même foi, la même obéissance, la même piété que celles qui inspiraient le père aimant qui allait le frapper. L'agneau pascal fut une autre figure de celui qui devait être appelé l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. P. Reginald Garrigou-Lagrange, o.p.
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Les jeunes gens qui viennent en retraite à l'abbaye nous demandent souvent pour quelle raison nous donnons une si grande place à la liturgie dans notre vie monastique. Laissons la parole à un de nos novices, aujourd'hui moine et prêtre, qui avait connu de lourdes épreuves pendant son noviciat. Il nous fit un jour cette confidence : "Je n'aurais pas persévéré dans ma vocation si, chaque jour au cours de l'année, par la grâce de la sainte liturgie, Dieu ne m'avait tendu une main secourable." C'est bien cela que chacun éprouve dans nos monastères, plus ou moins confusément : la liturgie opère au plus profond de nos âmes une sorte de charme séducteur. Jour après jour, une voix se fait entendre avec une douceur et une justesse de ton qui ne trompe pas, éclairant les âmes de l'intérieur par une succession de touches légères. Ensuite, on verra que la liturgie est essentielle à la vocation monastique comme déploiement naturel de la grâce baptismale. S'il y a un premier bonheur à se savoir inséré pour toujours dans la famille des enfants de Dieu, il y a encore un autre bonheur, c'est de devenir le chantre de la gloire divine et de recevoir comme par avance quelque rayon de cette lumière d'en haut. C'est ainsi que le moine, au moyen des symboles, signes, sacrements et sacramentaux, entre dans la jubilation de l'Eglise, à travers le drame sacré d'une liturgie immémoriale, latine et grégorienne. S'il fallait résumer tous les bienfaits que nous apporte la fréquentation quotidienne de la prière publique de l'Eglise, on devrait les ramener à quatre points essentiels : - le pouvoir attrayant de la beauté liturgique, - le sens de l'Eglise, - l'éducation de l'homme intérieur.
L'homme n'est vraiment lui-même que lorsqu'il adore. L'adoration est le signe par lequel la créature s'identifie et se résume. Depuis des milliers d'années, l'humanité aveugle avançait vers Dieu en tâtonnant, et malgré des errements inimaginables se montrait invariablement fidèle à l'austère devoir de l'adoration. Qu'il se mêlât beaucoup de crainte servile dans l'approche de la divinité, soit. Mais il y avait tout de même l'humble aveu d'un lien de dépendance où tout ne sonnait pas faux : la religion de l'Antiquité avait valeur d'attente. On se souvient de l'épisode fameux de la stèle dédiée au Dieu inconnu, dont saint Paul s'était servi pour entrer en dialogue avec les Athéniens (Actes, 17, 23). Il semblerait que Dieu préfère être adoré sans être connu, plutôt que d'être connu sans être adoré, parce qu'il s'agirait alors d'une fausse connaissance, d'une notion rabaissée et trompeuse de la divinité. On reconnaîtra ici tout le drame du monde moderne. Comment définir l'adoration ? Elle est, au sens le plus large, une libre et amoureuse soumission de tout l'être envers la transcendance divine, par laquelle le croyant reconnaît les droits souverains de Dieu sur sa créature. Mais ce que la Révélation devait apporter d'original marquera un seuil. D'abord la notion de surnaturel : la divinité cessera d'apparaître comme une force supérieure située au sommet de la série ascendante des forces de la nature, elle se situera sur un plan infiniment supérieur à l'ordre naturel. Il faudrait éviter à ce mot tout risque de banalisation ; surnaturel n'est pas synonyme d'insolite ou de merveilleux. Il désigne une réalité située infiniment au-dessus des conceptions naturelles que l'homme peut se faire de la sainteté. Le mot sanctus signifie séparé. Il y a dans l'Evangile une parole très forte : "Vous, vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut. Vous, vous êtes de ce monde, moi, je ne suis pas de ce monde." (Jean 8, 23). Ensuite, second effet de la Révélation, ce Dieu trois fois saint se révèle comme Père : loin d'écraser ou de terrifier, il élève sa créature à la dignité de fils. L'adoration n'exclut pas la tendresse. Tel sera l'apanage de l'ordre liturgique. L'oubli de la transcendance divine a plongé le monde dans une situation dramatique, c'est le commencement de la grande apostasie annoncé par l'Ecriture, et l'état présent du monde est inférieur à celui de l'Antiquité parce que son rejet de Dieu fait en sorte qu'il n'est même plus le monde de l'attente mais le monde du refus. Le monde actuel se meurt de l'effacement du surnaturel. Culte de l'homme, hypertrophie du social, affirmation du moi ; qui peut prétendre que ce naturalisme n'ait pas pénétré dans la manière de prier de l'homme moderne ? Cela apparaît sous les formes les plus diverses : fringale de nouveauté et d'adaptation ; invasion de la musique moderne et des langues vulgaires (ô combien ! disait Marie Noël) ; inculturation, qui noie l'immuable prière de l'Epouse dans le flot toujours mouvant de la sensibilité du jour ; créativité enfin, qui est une des formes les plus subtiles de l'orgueil humain. Résumons en un mot : l'homme moderne cède à la tentation d'adapter la religion à l'homme au lieu d'adapter, comme l'Eglise cherche à le faire depuis des siècles, l'homme à la religion. Tournant résolument le dos à ces tendances naturalistes, il nous sera aisé d'apercevoir que l'expression liturgique, parce qu'elle transcende les modes et les particularismes est, par essence et par vocation, parfaitement adaptée à ce que l'homme porte en lui de plus essentiel et de plus profond : l'instinct du sacré, la soif de l'adoration. Ce qui n'est jamais monté vers Dieu ne descendra jamais vers les hommes. "Celui qui est de la terre est terrestre et terrestre est aussi son langage." (Jean 3, 34). Le langage liturgique doit descendre de Dieu, si nous voulons qu'il nous fasse monter vers Lui. Comme remède à ces déviations, l'Eglise nous offre le théocentrisme de sa prière. Autel, prêtre, fidèles doivent se tourner en esprit d'adoration vers la majesté infinie de Dieu. Notre liturgie est essentiellement adoratrice. La "messe face au peuple" est une ineptie. "Il y a péril, dit le cardinal Ratzinger, quand le caractère communautaire tend à transformer l'assemblée en un cercle fermé. Il faut réagir de toutes ses forces contre l'idée d'une communauté autonome et autosuffisante : la communauté ne doit pas dialoguer avec elle-même ; elle est une force collective tournée vers le Seigneur qui vient." (Entretiens sur la Foi). Que les lecteurs de l'épître et de l'évangile se présentent face aux fidèles qui les écoutent, quoi de plus normal ? Mais ensuite, dès que commence la partie sacrificielle, le célébrant monte à l'autel, et, tourné vers le Dieu trois fois saint, il offre la victime propitiatoire. Au Te igitur, le prêtre lève les yeux vers la croix et s'incline profondément dans une attitude d'adoration et de révérence. Il se présente alors vers l'orient, face au Seigneur crucifié qui est aussi le Seigneur de gloire, parce que c'est de l'orient que le Fils de l'Homme reviendra, entouré de ses anges avec une grande puissance et une grande majesté. Deuxième aspect de cette orientation : chaque matin, le célébrant se tourne vers le soleil levant comme vers la plus belle image cosmique du Christ ressuscité, naissant éternellement du Père et sans cesse renaissant victorieux dans le cœur des baptisés. Le silence lui-même, quand il succède au chant choral, est un silence d'adoration où toute parole créée s'efface devant le Créateur. Le premier bienfait de la liturgie est son théocentrisme. Voyez ce qu'en dit le père Bouyer : "Comme il serait désirable que la chrétienté retrouvât ce sens premier de la Messe : ce sens théocentrique, cette réorientation de toute l'humanité, de l'univers entier sur son seul authentique foyer ; ce retour universel opéré dans le Christ crucifié et monté au ciel ; cette reprise de toutes choses dans le flot immense de l'amour divin, refluant enfin en amour filial vers la source paternelle !" (Le Sens de la Vie monastique)
Mais adoration n'implique pas anéantissement. La beauté des rites sacrés anoblit les âmes, elle les élève en exerçant sur elles une suave attirance du Ciel. La vraie tradition n'est pas triste. Nos messes abbatiales du dimanche le disent bien. Durée : deux heures ; personne, ni enfant, ni adolescent, ne manifeste de signe d'impatience. Pourquoi ? Mac Nabb, historien des religions, donne la réponse ; il remarque qu'on entre dans l'Eglise par deux portes : la porte de l'intelligence et la porte de la beauté. La porte étroite, dit-il, est celle de l'intelligence ; elle s'ouvre aux intellectuels et aux savants. La plus large est celle de la beauté. Henri Charlier disait dans le même sens : "Il faut perdre l'illusion que la vérité puisse se communiquer avec fruit sans l'éclat qui lui est connaturel et qu'on appelle le beau." (L'Art et la Pensée) L'Eglise dans son Mystère impénétrable d'épouse du Christ, Kyrios de Gloire, avait besoin d'une épiphanie terrestre accessible à tous : ce sera la majesté de ses temples, l'éclat de sa liturgie et la douceur de ses chants. J'observais l'an dernier un groupe de jeunes officiers de marine japonais visitant la cathédrale de Paris. Leurs regards s'attardent sur la hauteur des voûtes, la splendeur des verrières, l'harmonie des proportions. Supposez qu'à cet instant, des officiants, revêtus de chapes de velours et d'orfrois, entrent en procession pour des Vêpres solennelles. Les visiteurs regardent en silence ; ils sont saisis : la beauté leur a ouvert ses portes. Or la Somme de saint Thomas d'Aquin et Notre-Dame de Paris sont deux architectures contemporaines. Elles disent la même chose. Mais qui parmi les visiteurs a lu la Somme de saint Thomas ? Le même phénomène se retrouve à tous les niveaux. Les touristes qui visitent l'Acropole d'Athènes reçoivent le choc d'une civilisation de la beauté. Mais, parmi eux, combien comprennent Aristote ? Ainsi de la beauté liturgique. Plus que tout autre, elle mérite d'être appelée la splendeur du vrai. Elle ouvre aux petits et aux grands les trésors de sa magnificence : beauté de la psalmodie, chant et littérature sacrés, lumières, harmonie des mouvements, dignité du maintien. Avec un art souverain, la liturgie exerce une véritable séduction sur les âmes, qu'elle touche directement, avant même de mouvoir les énergies de l'esprit. Mais c'est un art délicat, aux antipodes d'une certaine liturgie post-conciliaire, "devenue opaque et ennuyeuse, par son goût du banal et du médiocre, au point d'en donner le frisson." (Cardinal Ratzinger, Entretiens sur la Foi) Craignons également la race des animateurs qui se mêlent d'introduire du nouveau dans la célébration pour la rendre plus attrayante. C'est encore le cardinal Ratzinger qui nous avertit : "La liturgie n'est pas un show, un spectacle qui ait besoin de metteurs en scène géniaux ni d'acteurs de talent. La liturgie ne vit pas de surprises "sympathiques", de "trouvailles" captivantes, mais de répétitions solennelles." (Ibidem) Disons quelques mots de la solennité. Surtout, ne pas la confondre avec le décorum. Loin de peser comme une surcharge, la solennisation des rites veut exprimer par transparence l'éclat du surnaturel. Parvenue à une certaine hauteur, toute liturgie sacrée tend au moyen d'un rituel à nous faire sortir du banal et du quotidien, non pas dans un but esthétique, mais pour suggérer au regard des fidèles que l'action qui se déroule vient de Dieu. La majesté du déploiement liturgique n'a pas d'autre fin, elle signifie que quelque chose de céleste vient toucher la terre. Saint Grégoire, le grand pape bénédictin du VIe siècle, l'a écrit dans ses Dialogues : "A l'heure du sacrifice, le ciel s'ouvre à la voix du prêtre ; en ce mystère de Jésus-Christ, les chœurs des anges sont présents, ce qui est en haut vient rejoindre ce qui est en bas, le Ciel et la Terre s'unissent, le visible et l'invisible ne font plus qu'un."(IV, 60). La solennité du culte est partie intégrante de la liturgie catholique et doit être cultivée comme un élément de son propre message, à la condition toutefois que cette solennisation ne sombre pas dans le pompeux et le maniérisme. La réussite suprême de l'ornement est de si bien convenir qu'il se fasse oublier. Mais les accusations de triomphalisme sont une insulte à la joie des pauvres qui aiment voir exalter la grandeur. Voici encore ce qu'en pense le cardinal Ratzinger : "Il n'y a pas trace de triomphalisme dans la solennité du culte avec laquelle l'Eglise exprime la gloire de Dieu, la joie de la foi, la victoire de la vérité et de la lumière sur l'erreur et les ténèbres. La richesse liturgique n'est pas la richesse de quelque caste sacerdotale ; c'est la richesse de tous, des pauvres aussi, qui la désirent en fait et ne s'en scandalisent absolument pas." (Ibidem) Veut-on saisir à plein le pouvoir convertisseur de la beauté liturgique ? Rien de plus éclairant sur ce sujet que la savoureuse Chronique de Nestor. Elle relate que, lorsque le prince Vladimir de Kiev, encore païen, voulut adorer le Dieu unique, il écouta Musulmans, Juifs et Grecs, venus lui exposer chacun leur religion. Il envoya donc une ambassade de dix hommes pour aller voir de leurs propres yeux comment chacun des solliciteurs pratiquait sa liturgie. Après avoir visité les mosquées chez les Bulgares, ils arrivèrent à Constantinople. "L'empereur de Byzance, raconte Nestor, envoya un message au patriarche disant : "Des Russes sont venus dans l'intention d'étudier notre religion ; prépare l'église et ton clergé, revêts ton costume pontifical afin qu'ils voient la gloire de notre Dieu". Alors le patriarche appela le clergé ; on célébra les solennités suivant l'usage, on brûla de l'encens, et on chanta des chœurs. Et l'empereur alla avec les Russes dans la basilique, et on les fit placer dans un endroit d'où l'on pût bien voir ; puis on leur montra les beautés de l'église, les chants et le service de l'évêque, le ministère des diacres, en leur expliquant le service divin. () Revenus au pays, ils dirent aux princes et aux Boyards : "Nous avons été d'abord chez les Bulgares et nous avons observé comment ils adorent dans leurs temples ; ils se tiennent debout sans ceinture ; ils s'inclinent, s'assoient, regardent ça et là comme des possédés, et il n'y a pas de joie parmi eux, mais une tristesse et une puanteur affreuses. Leur religion n'est pas bonne C'est alors que nous sommes allés en Grèce et on nous a conduits là où ils adorent leur Dieu. Dès cet instant, nous ne sûmes plus si nous étions dans le ciel ou sur la terre ; car il n'existe pas de tel spectacle ici-bas, ni de telle beauté. Nous ne sommes pas capables de le raconter ; mais nous savons seulement que c'est là que Dieu habite au milieu des hommes ; et leur office est plus merveilleux que dans les autres pays." La leçon se dégage d'elle-même. La liturgie fait plus que nous décrire les merveilles de la Patrie céleste. Elle nous entrouvre les portes du Royaume. L'homme y pénètre corps et âme : la vue, l'ouïe, l'odorat, tout lui parle de Dieu. Mais combien de nos contemporains et même, hélas ! combien de fils de l'Eglise, savent qu'ils ont là la clef d'or du Paradis ?
Ce que les théologiens appellent le sensus Ecclesiæ est une sensibilité surnaturelle par laquelle les fidèles sentent comme par intuition ce qui est conforme à la foi et à la tradition de l'Eglise. Un peu comme les enfants d'une famille sentent ce qui est en accord ou en opposition avec l'esprit de la maison : "Chez nous, on ne fait pas des choses comme ça", diront-ils. De même, le "sens de l'Eglise" ne sera pas le fruit d'un enseignement didactique, mais l'effet d'un instinct supérieur souvent départi aux plus démunis, que la pratique multiséculaire de la liturgie éclaire de l'intérieur pour leur faire sentir comment témoigner de leur foi, fût-ce en présence d'esprits plus savants. On s'interroge parfois sur les causes du maintien de la foi dans les temps de persécution, spécialement dans les régions du globe où la religion est privée de ses moyens extérieurs d'expression, comme la liberté de la presse et de la prédication. Voici ce que dit Maxime V, patriarche melchite, au Ier synode des évêques (1977) consacré à la catéchèse : "Ce qui durant les siècles de persécution musulmane a conservé la foi des fidèles, c'est la célébration de la divine liturgie." Le même phénomène a été observé dans les pays de l'Est : baptême et Eucharistie ont constitué pour la foi l'appui unique mais irrépressible auquel s'est heurté l'appareil communiste. On touche ici du doigt le caractère social et missionnaire de la liturgie : elle exerce un ministère de rassemblement autour d'un point fixe, elle retient les fidèles sur la pente de l'oubli et de la dérive, elle est, disait Dom Guéranger, la Tradition à son plus haut degré de puissance et de solennité. L'abbé de Solesmes citant Bossuet à plusieurs reprises en appelle à la liturgie comme "principal instrument de la Tradition", montrant qu'elle peut être appelée "la Tradition professée" face aux propositions des conciles qui représentent "la Tradition définie". Le père Clérissac rapporte qu'au Moyen-Age un juif avait demandé le baptême parce qu'il avait remarqué que le lyrisme de la synagogue était passé dans la liturgie de l'Eglise. Pour que l'Eglise du Christ se distingue des autres religions, il faut que sa prière et ses sacrements s'entourent d'un voile assez transparent afin de laisser deviner le mystère de ses origines. Raison profonde d'une langue sacrée : non seulement exprimer l'universalité d'une religion, mais lui servir de référence fixe dans le flot mouvant de l'histoire. Les papes savent très bien que le peuple ne lit pas les encycliques. Lorsque Pie XI écrivit Quas Primas, sa grande encyclique sur le Christ-Roi, il avait comme dessein arrêté de combattre ce qu'il appelait la peste du laïcisme. Or le texte même de l'encyclique contenait l'annonce d'une fête nouvelle en l'honneur de la Royauté sociale du Rédempteur. Voici comme Pie XI justifia l'introduction de cette messe, inconnue jusqu'alors, dans le cycle de l'année liturgique : "Pour pénétrer le peuple des vérités de la foi et l'élever ainsi aux joies de la vie intérieure, les solennités annuelles des fêtes liturgiques sont bien plus efficaces que tous les documents, même les plus graves, du magistère ecclésiastique : ceux-ci n'atteignent habituellement que le petit nombre et les plus cultivés () celles-là étendent leur influence salutaire au cœur et à l'intelligence, donc à l'homme tout entier." On aperçoit là le lien étroit qui unit foi et liturgie. Avec la liturgie, j'entre dans l'être de l'Eglise, dans son sanctuaire intime. Je vois qu'elle vient de Dieu, donc qu'elle sait mieux que moi comment croire, comment parler à Dieu, comment se tenir devant la majesté divine, et quand je dis l'amen qui conclut ses oraisons, je souscris à une pensée objective que je fais mienne et qui me dépasse infiniment. Ainsi s'acquiert peu à peu cet instinct surnaturel qui conduira tout naturellement les fidèles au sentire cum Ecclesia : le goût de sentir et de penser avec l'Eglise. Lorsque dans les terribles années 70 de l'après-concile, un clergé dévastateur brocardait agenouillements, rites sacrés, grégorien, culte des anges et des saints, ce qui sauva la foi dans le peuple chrétien, c'est l'amour de ces choses saintes que la liturgie avait allumé dans les coeurs. Et l'Eglise elle-même, si attaquée, et parfois, hélas ! si mal représentée, comment pourrions-nous lui garder notre admiration et notre amour, si ce n'est par l'influence douce et continue de sa prière et de ses sacrements ? C'est là que nous la reconnaissons comme Vierge et Mère, composée de pécheurs mais sans péché, enfoncée dans le temps mais appartenant déjà à l'éternité par l'attirance qu'exerce sur son Corps le Chef parvenu dans la gloire. Comment fidèles et incroyants reconnaîtraient-ils le visage de l'Ecclesia Mater, si elle-même ne faisait preuve constamment de ce qu'on pourrait appeler sa puissance de sanctification ? Dom Vonier remarque : "La puissance que l'Eglise catholique possède de sanctifier est vraiment prodigieuse ; elle n'en fait pas de secret ; elle le proclame devant le monde entier ; elle remplit sa mission spéciale, d'une manière magnifique, comme reine du monde spirituel. La consécration ou dédicace d'une église est la contrepartie, inspirée par Dieu, des efforts de l'esprit impur, dont le Christ dans l'Evangile nous a donné le tableau. L'Eglise livre un assaut à la construction matérielle achevée, elle y entre en gloire et en grâce, et elle invite ses enfants à la suivre et à trouver du repos pour leurs âmes dans une maison réservée à la sainteté." (Christianus) Si nous interrogeons les convertis, leurs témoignages iront toujours dans le même sens : "Le jeune homme que j'étais à dix-huit ans, qui cherchait son chemin dans une grande ténèbre, en quête d'une vérité qu'il pressentait confusément - une vérité vivante, faite pour l'âme et non seulement pour l'esprit -, eut la révélation de la sainteté par le chant grégorien. () Dans sa nudité et sa simplicité, le chant grégorien m'emmenait beaucoup plus loin que les musiques humaines, il me faisait entrevoir la réalité de ces mystères que je ne soupçonnais pas ; il m'emplissait de cette "plénitude de Dieu" dont parle saint Paul ; il me disait que cette plénitude était pour moi si je voulais ; j'avais la certitude que c'était Dieu lui-même qui me parlait par ce chant." (André CHARLIER, Le Chant Grégorien) Dom Grammont, à l'issue d'une messe solennelle à laquelle assistaient des pasteurs protestants, remarqua l'un d'eux bouleversé qui se dirigeait vers lui en s'exclamant dans un transport : "J'ai vu l'Eglise !" Il l'avait vue à travers le déploiement de sa plus pure et plus antique tradition. C'est par les paroles, les chants, et par le rituel immuable de la liturgie, que l'âme chrétienne se trouve reliée à une Patrie qui transcende les siècles.
Ce qu'il y a de plus caché et de plus secret en chacun de nous, ce qui se dérobe au regard des hommes et qui donne son véritable sens à la vie, la perle précieuse, le trésor enfoui dans le champ, que cherchent les contemplatifs et, l'ayant trouvé, ne voudraient le perdre pour tout l'or du monde, c'est la découverte du Dieu intérieur. Le plus haut bienfait de la liturgie, et sa plus profonde raison d'être - car la beauté sacrale n'est pas une fin en soi -, c'est de nous introduire d'une main sûre dans le sanctuaire de l'âme où se déroule le seul drame vraiment essentiel de l'existence humaine : la croissance de notre vie surnaturelle. Mis à part les carmélites, ces anges du ciel prisonnières du temps, qu'une vocation particulière appelle à chercher Dieu sans image, la plupart d'entre nous devront puiser dans l'immense trésor de signes, de paroles et d'actions rituelles de quoi alimenter leur méditation. Pendant seize siècles, l'Eglise a enseigné à ses enfants le difficile art de prier non à l'aide des industries humaines mais par le moyen d'une pédagogie divine dont elle a le secret. Le goût de l'oraison et de la prière silencieuse ne s'acquiert pas à coups de raisonnements ; c'est en apprenant à couler le mouvement intérieur de notre âme dans celui de l'Epouse du Christ que l'on pénètre en Dieu. Ecoutons un père abbé parler à ses moines : "L'oraison telle que la conçoit saint Benoît a pour thème le texte même de l'uvre de Dieu. Elle jaillit des entrailles de l'Office divin. Laissez-vous donc prendre. Ensuite, continuez à puiser à ce que vous avez recueilli pendant l'Office. Dieu s'est incliné à ce moment. Dans le silence, interrogez les idées ainsi semées. L'oraison est l'intime note de l'uvre de Dieu durant sa célébration, pour devenir ensuite son écho prolongé, le parfum précieux, le fruit personnel approprié aux dispositions et aux besoins de chacun selon la conduite de l'Esprit Saint. Comme l'uvre de Dieu recommence sept fois le jour et une fois la nuit, le fleuve de l'oraison coule sans cesse au milieu des enfants de saint Benoît, et l'âme qui demeure constamment sur sa rive bénie, peut s'y abreuver à longs traits de manière à en ressentir la fraîcheur salutaire du matin au soir et du soir au matin." (Dom Romain BANQUET, La Doctrine Monastique) Dom Delatte ne parlait pas autrement. Evoquant L'Année Liturgique qui fut le grand ouvrage de Dom Guéranger, il souligne en quelques mots quel fut le secret de son rayonnement : "Assurément les révolutions font plus de bruit, les oeuvres humaines ont souvent plus d'éclat, au lieu que le bien surnaturel se fait sans bruit et se dérobe dans le silence. Mais qui pourrait calculer la pénétration douce et tranquille de cet enseignement universel dont les âmes, lorsqu'elles l'ont une fois goûté, ne peuvent plus se déprendre, comme si elles y reconnaissaient l'accent de l'Eglise et la saveur de leur baptême ?" Quant à la méditation des textes liturgiques, il la définit d'un trait rapide : recueillir des lèvres et du cœur de l'Eglise la pensée de Dieu. Ceci n'est pas vrai seulement pour les religieux. Georges Bernanos, homme bien planté dans son siècle, en fut une illustration vivante : la vie intérieure puisée aux sources de la liturgie fit que de brillant pamphlétaire il devint un écrivain de l'âme. Le voici pris sur le vif par Bruckberger : "Chaque jour, il lisait le journal, écoutait la radio. Cependant, chaque matin, et quoi qu'il arrivât, il y avait une demi-heure réservée, sacrée. Avant que la maison ne s'éveillât, ne s'emplît de brouhaha, il lisait, dans son vieux missel usé, la messe du jour en latin, avec toute la concentration de l'esprit et de l'âme dont il était capable : ce prédestiné avait reçu le privilège divin de l'attention. Il se nourrissait avidement des formules inchangées de la liturgie, leur trouvant chaque matin l'éclat du neuf : chaque matin, c'était à lui seul que ces paroles étaient dites pour la première fois dans toute l'histoire du monde, c'était son pain quotidien et supersubstantiel. Ainsi commençait sa journée. Le dimanche, il allait à la messe avec toute la famille et habituellement communiait."(Bernanos Vivant) Mais l'éducation de l'homme intérieur n'est pas seulement redevable à l'atmosphère calme et recueillie des offices de l'Eglise. Il y a, semblable à un accumulateur d'énergie, la présence quasi sacramentelle du Christ insérée dans les mystères de l'année liturgique. Qu'appelle-t-on les mystères ? Ce sont des actions du Christ Jésus accomplies dans une portion du temps, comme sa passion, sa résurrection et son ascension, abolies pour toujours quant à leur historicité, mais prolongées et comme véhiculées au cours de l'action sacrificielle, à la manière d'une étoile éteinte depuis des milliers d'années, dont la lumière continue de briller dans la nuit ; ainsi le Christ dans ses différents mystères vient-il à la rencontre des âmes au cours de l'année liturgique pour les recréer à son image. Cette œuvre d'identification au Christ a trouvé chez Dom Delatte des accents admiratifs pour exalter "la beauté surnaturelle, cette ressemblance parfaite avec Lui que toute l'économie surnaturelle s'emploie à graver, cette empreinte divine que la frappe du balancier liturgique imprime perpétuellement en nos âmes". On verra donc dans le déploiement de l'année liturgique non pas une représentation froide et inerte de la vie de Notre-Seigneur, mais une irradiation de la personne du Rédempteur revivant en chacun des fidèles l'action salvatrice de sa passion et de sa montée dans la gloire. C'est ainsi, conclut saint Léon, que ce qui était visible dans la vie de notre Rédempteur est passé dans les mystères : "Quod itaque Redemptoris nostri conspicuum fuit in sacramenta transivit." Chez les Pères, les mots mysteria et sacramenta sont synonymes. Ils désignent une action sacrée dans laquelle l'oeuvre de notre rédemption est rendue présente non pas comme le ferait un emblème purement symbolique, mais comme l'enveloppe rituelle d'une réalité ineffable. Cette doctrine du réalisme sacramentel est du plus haut intérêt pour la vie de prière. On la perdit de vue au XVIe siècle pour insister sur l'effort individuel et psychologique, au détriment d'une piété objective, centrée sur les mystères. Lorsque la liturgie pascale s'empare de l'Ecriture, elle ne prononce pas seulement un récit propre à favoriser une méditation personnelle à laquelle chacun pourra se livrer par la suite, elle réalise une présence actuelle du Seigneur à laquelle il nous est loisible de communier tout au long de l'office ; c'est l'Eglise tout entière qui participe à la mort et à la résurrection de son Sauveur, et nous en elle. Cette participation n'est pas le fruit d'un effort de l'esprit ou de l'imagination ; elle est objective, c'est-à-dire qu'elle se développe par l'effet de son propre dynamisme et non par l'effet d'une industrie humaine, comme le sont les dévotions privées. Quel élargissement de nos perspectives cela implique et quel approfondissement de la foi, si du moins, par l'estime que nous avons de l'action liturgique et de son efficacité souveraine, nous consentons à laisser vivre et s'accomplir en nous l'oeuvre divine de notre rédemption. C'est alors que le choix judicieux et la calme répétition des grands textes de l'Ecriture, leur puissance d'expression, l'art du chant grégorien, les sacrements et les mystères de la vie du Christ qui passent et repassent sans cesse sous nos yeux, impriment dans les âmes cette image du Fils qui les transforme et les réconcilie avec le Père. Heureuses, quatre fois heureuses les âmes formées
à l'école de la sainte liturgie ! Dom Gérard Calvet, Octobre
1995
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L’Eglise a toujours fait remonter l’institution
des principaux rites de la Messe aux temps apostoliques. Ainsi, Saint Basile
affirme en conformité avec les Pères, que les paroles de la Consécration sont
celles-là mêmes qui ont été prononcées par Jésus-Christ. Quant au canon romain
(partie centrale de la messe ou Canon 1 qui peut aussi être dit avec la
nouvelle messe), la tradition l’a attribué également aux Apôtres de manière
assez substantielle, ainsi que l’expliquent par exemple Saint Augustin et le
pape Vigile. On imagine mal, par ailleurs, que le Christ soit resté durant
quarante jours avec ses disciples – avant son Ascension – sans leur parler de
la manière de célébrer la messe. D’ailleurs, les Apôtres ont tous commencé
ensemble la liturgie puisqu’ils ont vécu ensemble jusqu’aux premières
persécutions. La liturgie romaine plonge ses racines jusque dans les temps apostoliques et c’est elle qui a influencé ensuite les rites orientaux que j’aime d’ailleurs beaucoup. Il est aujourd’hui téméraire de vouloir reconstituer les textes de la messe primitive car aux débuts de l’Eglise la loi de l’arcane interdisait la publication des formules rituelles. Cette publication ne se fit que bien plus tard, lorsque l’Eglise sortit de son silence, après l’édit de Constantin (313). Au début du Ve siècle environ, apparaît le plus copieux et le plus ancien sacramentaire; recueil des textes de la Messe, de la façon de célébrer, du bréviaire, du Pontifical et des textes de l’administration des sacrements: c’est le sacramentaire léonien dont la messe ancienne que nous connaissons aujourd’hui (messe avec les rubriques de Jean XXIII) est assez proche, ce qui est remarquabe. En fait, le pape Léon n’avait ajouté que deux choses dans la deuxième partie du canon: à savoir les formules « hanc immaculatam hostiam » ainsi que « sanctum sacrificium. » Puis viendront les sacramentaires gélasien, recueil de liturgie romaine importé dans les Gaules, et grégorien, du pape Grégoire 1er dit le grand élu en 590 dont la plus grande partie est bien sûr antérieure au pontificat de ce pape. Dans ce dernier sacramentaire on trouve le missel romain presqu’en tous points tel qu’il est aujourd’hui dans la forme extraordinaire, tandis que le canon subit alors son dernier ajout jusqu’à Jean XXIII (pape Roncalli, mort à l’aube du Concile Vatican II) avec cette formule de la prière du hanc igitur « diesque nostros in tua pace disponas ». Ce sacramentaire grégorien, avec la messe qu’il contient, sera propagé par la France qui l’avait déjà fait pour le gélasien, grâce surtout au concours très actif de l’ordre bénédictin. Grégoire le grand atteste d’ailleurs que ses innovations dans la messe ne furent rien d’autre qu’un retour aux plus pures traditions romaines (« in nullo aliam eccesiam secuti sumus »). Désormais, seules vont se perfectionner jusqu’au XI e siècle quelques prières comme celles de l’offertoire et de la communion. Bientôt cependant, va commencer une période de déclin et d’altération qui mettra en danger cette merveilleuse unité liturgique de la chrétienté latine et qui obligera les érudits du Concile de Trente à débarrasser le missel romain de beaucoup d’additions et messes du Bas Moyen Age, éléments médiévaux tardifs qui défiguraient l’harmonie des lignes du grandiose monument liturgique érigé par les Pontifes romains jusqu’au VII e siècle. La messe dite tridentine est donc en réalité une oeuvre de restitution de la messe antique qui a été menée à bien sous le pontificat de Pie V (d’où aussi le nom de messe de Saint Pie V). Cette messe fut promulguée par la très solennelle bulle « Quo primum tempore » qui canonise et impose définitivement « le missel restitué à la règle antique et au rite des Saints Pères » selon l’expression même de ce pape. Le Saint Sacrifice était ainsi dès lors en très grande partie fixé dans sa forme définitive et l’on peut même dire pour l’éternité car la messe tridentine n’a jamais été abolie et elle a même fait l’objet par Benoît XVI d’un motu proprio qui en libéralise l’usage. C’est le trésor de la Tradition et le joyau de l’action du Saint Esprit dans l’Eglise à travers les siècles. Y retourner, comme nous y encourage le pape, c’est aussi mieux comprendre les racines de la nouvelle messe, car il n’y a qu’un seul rite latin sous deux formes (ordinaire et extraordinaire), comme l’a expliqué Benoît XVI. Vincent Pellegrini
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